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Problématique de l’atelier n°6

L’action des villes européennes et le référentiel de la ville durable

Depuis l’adoption des chartes de la ville durable européenne d’Aalborg (1994), puis de Leipzig (2007), les pouvoirs publics en charge des politiques de développement urbain -au premier rang desquelles les villes - unissent chaque jour davantage leurs moyens pour promouvoir des villes durables où il fait bon vivre.

Quelles sont les politiques urbaines exemplaires ? Quels outils ? Quelles méthodes ? Quelles leçons à tirer de ces expériences ?

1- Du quartier à la région urbaine, quels territoires pour la ville durable ?

Autrefois, les limites de la ville étaient claires et visibles : des remparts la séparaient nettement de la campagne. Aujourd’hui, ces remparts ont le plus souvent laissé place à des boulevards au-delà desquels la ville semble s’étendre sans autres limites que celles que la géographie physique et sa prospérité économique autorisent. La ville cède ainsi le pas à une nouvelle entité et, dans nombre de cas, des continuités entre zones urbaines apparaissent, constituant ainsi des « régions urbaines » dont les dimensions sidèrent les géographes (Randstaat, Rhur Gebiet, Ile-de-France, etc.)

Dans ce contexte, quels outils, quelles méthodes, quels acteurs pour des régions urbaines durables ? La somme de politiques locales, à l’échelle de la ville ou du quartier, constitue-t-elle une réponse suffisante à la durabilité des régions urbaines ? Alors, comment articuler les différentes stratégies de développement durables ?

2- La ville historique, par nature durable ?

Ce qui caractérise sans doute le fait urbain européen c’est sa permanence dans le temps comme dans l’espace. En effet, l’armature urbaine de l’Europe a peu évolué depuis le XIII ème siècle. Néanmoins, le développement des villes, à l’échelle de l’histoire, a été contrasté et résulte d’avantages compétitifs structurels (position géographique avantageuse, siège du pouvoir politique et/ou économique) conjoncturels (paix ou désordres). Il s’ensuit une grande diversité de situations urbaines.

Sauf cas particulier, la ville européenne s’organise autour d’un noyau historique qui concentre l’essentiel du patrimoine monumental ou vernaculaire urbain. Si la protection du patrimoine monumental est acquise, celle du patrimoine « ordinaire » qui constitue des ensembles urbains fait question. Que conserver et pour quel usage? À quelle population s’adresse la rénovation des centres historiques ? Tourisme, culture et shopping sont-ils les seuls vecteurs de développement économique pour ces quartiers ?

3 - Faubourgs, banlieues et périphéries, le désordre durable ?

Au-delà de la ville historique, toujours mieux ordonnancée, s’est développé au fil des temps un univers urbain où le désordre semble être la règle. D’une opportunité foncière l’autre, pour satisfaire tantôt les besoins en logement, tantôt les besoins de l’industrie, s’est constituée une urbanisation qui a peu à peu intégré les bourgs et villages secondaires brouillant indéfiniment les limites entre eux d’une part, et les limites entre villes et campagnes d’autre part.
Si les chiffres de l’artificialisation des sols inquiètent (60 000 ha/an en France), ils ne représentent que 1% de la surface urbanisée dont la moitié seulement pour le logement. Sans remettre en cause la lutte nécessaire contre l’étalement urbain, force est de constater que les enjeux de la ville durable portent prioritairement sur la ville existante et, plus particulièrement sur la « ville ordinaire » qui s’est développée aux portes des centres historiques. Quels outils, quelles méthodes, quelles actions sont à construire pour prendre en compte les enjeux de la ville durable dans les espaces périurbains? Quelles sont les bonnes pratiques reproductibles et à quelles conditions, notamment économiques et financières? Comment re-composer ces espaces avec la participation de leurs habitants ?