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Problématique de l’atelier n°3

L’approche locale du changement climatique et de la prévention des risques

Les villes, qui concentrent la majeure partie de la population, susceptible d’atteindre 70% en 2050, ainsi que l’essentiel de l’activité économique, constituent un facteur déterminant du réchauffement climatique mais aussi le champ privilégié de l’action pour ralentir le phénomène et en atténuer les effets. En effet, la consommation énergétique des villes est très majoritairement issue des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz naturel) mais les villes sont aussi les premiers utilisateurs potentiels des énergies renouvelables et les villes denses consomment moins d’énergie que les villes étalées.

Ce réchauffement climatique engagé depuis un siècle, et qui devrait se poursuivre, conduit inexorablement à une élévation du niveau de la mer, qui selon les experts du GIEC pourrait passer de 17 cm au cours du XXe siècle à 60 cm voire 1 m d’ici 2100. Il est en outre susceptible d’aggraver les risques naturels par une multiplication d’évènements météorologiques extrêmes, tempêtes, inondations, sécheresses, canicules...

Si l’on ne se prépare pas à ce changement, il induira des coûts et des dommages environnementaux, matériels, financiers mais aussi humains bien supérieurs à l’effort d’adaptation. La réduction de la vulnérabilité urbaine, composante incontournable de la ville durable, déjà indispensable au regard de l’exposition actuelle aux risques naturels, relève à l’évidence de cette démarche d’adaptation.

Le Gouvernement a adopté en 2004 un premier Plan climat, en cours d’actualisation, et en 2006 une Stratégie nationale d’adaptation. De nombreuses collectivités territoriales se sont également engagées spontanément dans la lutte contre le changement climatique et l’adaptation à ce changement, à travers notamment la préparation de Plans climats territoriaux. Le projet de loi portant engagement national pour l’environnement (Grenelle 2) prévoit d’une part l’élaboration conjointe, par le préfet de région et le président du conseil régional, de Schémas régionaux du climat, de l’air et de l’énergie (SRCAE), d’autre part l’obligation, pour les régions, les départements, les communautés urbaines, les communautés d’agglomérations, les communes et les communautés de communes de plus de 50 000 habitants, d’élaborer des Plans climat énergie territoriaux (PCET).

La forte probabilité de l’aggravation des aléas climatiques ne peut que conforter le renforcement en cours de la politique de prévention des risques majeurs à travers la réduction de l’exposition des populations au risque d’inondation, par la maîtrise de l’urbanisation, la restauration des zones d’expansion des crues et des travaux de protection (Loi Grenelle 1), et la mise en place d’une stratégie nationale de gestion des risques d’inondation ainsi que des stratégies locales la déclinant puis la définition sur cette base de plans de gestion des risques d’inondation à l’échelon des bassins, avec lesquels devront être compatibles les documents d’urbanisme et les plans de prévention des risques naturels (PPRN) inondation (Loi Grenelle 2).

La diversité des approches et la multiplicité des acteurs appelle inévitablement les questions suivantes :

- Quelles sont les échelles - nationales, régionales, locales - adaptées pour traiter des problèmes d’atténuation et d’adaptation ?
- Comment décliner les engagements nationaux de lutte contre l’effet de serre et la politique de prévention du risque inondation aux échelles régionales et locales ?
- Comment développer des approches globales, environnementales, économiques et sociales, prenant en compte les spécificités territoriales ?
- Comment mobiliser les différents acteurs, collectivités locales, services de l’État, associations, organismes scientifiques et techniques, et les faire travailler ensemble ?