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Problématique de l’atelier n°9

Ville et nature : biodiversité, paysages et eaux pluviales

Ville et nature, deux termes apparemment antinomiques, et pourtant...

Entre 1994 et 2004, la population française a progressé de 5% alors que, dans le même temps, les zones artificialisées ont augmenté de 15%. Cette « artificialisation » du territoire est une des causes de l’érosion de la biodiversité, indispensable à la vie des espèces et notamment de l’espèce humaine. La ville, entendue au sens large, ne peut donc plus être pensée indépendamment des écosystèmes naturels qui l’entourent ni même en opposition avec la notion d’écosystème. Les dispositions issues du Grenelle de l’environnement réservent donc logiquement une place importante à la préservation de la biodiversité en ville, à travers notamment le plan d’action « Nature en ville » en préparation.

Au-delà du bon fonctionnement de l’écosystème urbain, les services rendus par la nature en ville peuvent apporter une amélioration du cadre de vie (aménités urbaines) notamment grâce aux espaces verts, lieux de pratiques sportives et de détente, élément du paysage urbain, de valorisation économique et foncière, et élément de régulation climatique et hydrologique (rafraîchissement en été, réduction de la pollution de l’air, rétention et épuration des eaux pluviales).

Or, les enjeux de développement urbain, notamment la « densification » préconisée pour limiter l’étalement urbain, entrent manifestement en concurrence avec le développement des espaces naturels dans la ville. Il s’agit donc de mettre en œuvre de nouvelles pratiques de gestion urbaine, de donner une nouvelle place à la nature dans les projets urbains et périurbains, à toutes les échelles (parc urbain, espace vert, parcelle, jardinet, terrasse, balcon) et de répondre aux questions suivantes :

- Quelles sont les voies de modification et de diversification des milieux urbains permettant de répondre à cette nécessité ?
- Comment en particulier restaurer des continuités écologiques - trames vertes et bleues - compatibles avec les besoins d’une grande variété d’espèces ?
- Quels sont les liens entre biodiversité et paysages urbains ?

Le Grenelle de l’environnement invite aussi à une meilleure gestion des eaux pluviales urbaines pour la réduction de l’exposition des populations au risque d’inondation et l’atteinte du bon état écologique des milieux aquatiques. En effet, l’artificialisation des sols perturbe le cycle naturel de l’eau, accroissant le volume des eaux de ruissellement, asséchant les sols urbains et diminuant l’alimentation des nappes souterraines. Les rejets urbains par temps de pluie constituent une source majeure de pollution des cours d’eau. La ressource précieuse que constitue l’eau de pluie est ainsi perdue et transformée en menace.

Il s’agit donc là-encore de mettre en œuvre une nouvelle gestion des eaux pluviales pour rester au plus près du cycle naturel, en rétablissant des zones d’infiltration et/ou de stockage des eaux « sur place » (bassins, lagunes, noues...) sans oublier le « micro-aménagement » (toitures végétalisées, chaussées poreuses ou réservoir...) ni le rôle de l’eau dans le fonctionnement de l’écosystème urbain.

Face à la complexité du système urbain et à la multiplicité des acteurs, une mise en cohérence des politiques urbaines et écologiques est nécessaire, appelant les questions suivantes :

- Comment mobiliser les échelles d’action territoriale les plus adaptées, du bassin versant au quartier, voire à la parcelle ?
- Quelles méthodes et outils pour coordonner les actions ?
- Quelle gestion des infrastructures urbaines de l’eau (voirie, espaces verts, réseaux d’assainissement et cours d’eau) ?